Plus de 40.000 participants de 196 pays sont attendus pour la 27ᵉ conférence mondiale sur le climat, qui se tient du 6 au 18 novembre à Charm el-Cheikh en Égypte. Après une COP26 décevante, les ONG attendent beaucoup des pays riches et notamment de la France.

Une nouvelle COP, de nouvelles déceptions ? L’action climatique est désormais des plus urgentes. Des événements météorologiques extrêmes de grande ampleur ont marqué l’année. La sécheresse et les épisodes de fortes chaleurs ont notamment durement touché l’Europe et la Chine. Les eaux ont submergé le Pakistan. Et des millions d’africains sont aujourd’hui menacés par la famine.
La COP27, qui s’est ouverte ce dimanche 6 novembre et se clôtura le 18 novembre, est donc d’importance. Pourtant, dans un contexte politique tendu, le climat risque de ne pas être la première priorité. Les ONG françaises attendent un geste fort des pays riches et notamment de la France.
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Les pertes et dommages en tête
Tout comme à Glasgow en 2021 lors de la COP26, les ONG scruteront particulièrement la question des pertes et dommages. « C’est très important, parce que les pertes et dommages sont les conséquences irréversibles du changement climatique. Et le continent africain est justement en première ligne de ces pires impacts climatiques », observe Fanny Petitbon, responsable plaidoyer chez Care France.
« Pour cette COP27, on a des attentes, en particulier sur les financements climat. C’est-à-dire la solidarité des pays développés dits de « l’Annexe 1″ envers les pays en développement. On attend que les pays riches aident, à la fois dans l’atténuation, c’est-à-dire réduire les émissions, mais aussi dans l’adaptation », ajoute Guillaume Compain, chargé de campagne Climat et énergie chez Oxfam France.
Le continent africain est à l’origine de moins de 4% des émissions de gaz à effet de serre. « Pourtant on voit des inondations meurtrières au Nigeria, des sécheresses qui n’en finissent plus en Somalie, une érosion côtière au Sénégal. Il y a des conséquences durables sur les populations qui les forcent à se déplacer et qui les forcent à complètement bouleverser leurs vies », alerte Fanny Petitbon. Lors de la COP15 au Danemark, les pays riches s’étaient engagés à mobiliser 100 milliards par an à l’horizon 2020. L’idée était d’aider les pays en développement. Une promesse non tenue qui fait encore débat.
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La France a un rôle à tenir
Lors d’une conférence de presse le 25 octobre dernier, les associations ont insisté sur le fait que la France devait absolument se saisir de l’événement. Le pays doit emmener dans son sillage le reste de l’Europe, voire plus. « La France est la marraine de l’Accord de Paris. Elle a un rôle exemplaire à jouer. Elle doit être capable de venir à la COP27 en montrant qu’elle est une bonne élève, qu’elle réduit ses émissions de gaz à effet de serre et qu’elle donne de l’argent aux pays du Sud pour financer leur transition. On attend vraiment qu’elle fasse beaucoup plus sur le plan domestique pour être alignée avec ses objectifs climatiques », espère Aurore Mathieu du Réseau Action Climat.
« On sait aujourd’hui que les mesures qu’elle met en place ne sont pas assez radicales, ne sont pas assez ambitieuses pour faire face à l’urgence climatique », ajoute-t-elle. Le Réseau Action Climat, et les associations affiliées, se sont entretenues avec le gouvernement avant cette COP27. Pour prendre la température. « On nous a dit que la France était mobilisée. Mais pour l’instant, les propositions et les solutions qu’elle met sur la table, c’est plutôt des plats réchauffés. Donc on espère vivement que la France va entendre ce message des pays du Sud et jouer un rôle moteur lors de cette COP27 », souhaite Fanny Petitbon.
« Nous avons des enjeux autour de la finance climat, de la réduction des émissions et des énergies fossiles », énumère Aurore Mathieu. « Nous avons également des enjeux autour d’un mécanisme d’évaluation des efforts qu’on appelle le bilan mondial, qui va servir à faire le point sur ce qui a été promis et où est-ce qu’on en est dans les promesses des États », ajoute-t-elle.